La nature
Les noms de hauteurs
barre (rocher, hauteur) renvoie à la racine pré-indo-européenne BaRR-. Dans les textes, le toponyme barre, remplace fréquemment le provençal baus ou baux.
baume, baus, diminutif bausset (escarpement rocheux en surplomb ; anfractuosité rocheuse ; trou puis habitat au pied d'une montagne ; galerie souterraine en général) renvoie à la racine BaL-. Bien que d’origine pré-indo-européenne, il est d’emploi ultérieur fréquent.
Callon (ad collam de l' Escallon 1235, puis Escaillon), vient du pré-indo-européen KaL-IA (pierre ; pierrier ; hauteur ; sommet, rocher en gradins, pente abrupte).
carrière (nom moderne qui renvoie à la racine pré-indo-européenne KaR- ainsi qu'à son équivalent latin petra suivi du suffixe locatif iera) ; cette racine entre dans la composition des Esquieries (voir ci-dessous KaR-iu).
Cerveau et ses variantes viennent de KeR-V- (montagne).
cola, colla [colo], du latin collis (colline, côteau) de la famille de culmen (sommet), lui-même issu du pré—indo-européen KuL-, est d’origine médiévale ; nous lui devons les diverses colles et collines, ainsi que leurs diminutifs
collet, colette ou collette.
cost, costa, coste, côte (côteau, pente d'une colline), en latin costa, est d’origine médiévale à moderne, voire contemporaine ; citons la
Coste proche la Cancelade en 1443, et
les Costes du Plan devenues les Côtes du Plan aujourd’hui.
cros (rocher ; cros ; creux ; fond d'une doline ; clos). Au-delà de son sens initial, le clos ou claus est un terrain cultivé et clos de haies ou de murs, un enclos, un champ ; du latin claudere. Plusieurs cros ou clos sont utilisés depuis l'antiquité à des fins agricoles.
Croupatier (ad ruppem corberiam en 1235)
vient du pré-indo-européen
KoR-B- (pierre ; rocher ; hauteur), qui renvoie lui-même à KaR-.
Les Esquieries (
Escariès autrefois) vient par agglutination de l’article et du nom du thème pré-indo-européen KaR-iu (rocher; hauteur).
GaL- (hauteur) renvoie au pré-indo-européen KaL-, et se retrouve en 1443 dans le serre colet de las Galle 1443 (l’une des hauteurs de l'Escaillon).
Le Garou provient de
GaR- (pierre ; rocher ; hauteur) qui renvoie aux autres racines pré-indo-européennes GaL-, KaR-, et aR-. Certains de ses dérivés sont devenus synonymes, par homophonie, de chêne ou chêne kermès tel le Garou, probable collis castri de Aregno 1151, aujourd’hui
la Pointe du Cerveau (sur Sanary).
isla (île), du latin insula, se retrouve dans l’Isle Baudouin, citée en 1447 sur la Reppe.
KaL- (creux ; grotte ; eau), forme d’origine pré-indo-européenne dont l’un des composés se rencontre dans la gorgue de Causson citée en1447, aujourd’hui peut-être le vallon du Détras.
Le Lançon vient de la racine d’origine pré-indo-européenne
aL- (hauteur), forme réduite de KaL-.
La Lèque (quartier situé près de Clapier en 1490) tire son origine du pré-indo-européen
LeKK- qui a donné
lech, lecca (hauteur; rocher; lit, couche; pierre, dalle).
montagne, montaigne, terme le plus simple, du latin mons, accusatif montem qui renvoie au pré-indo-européen MoN-. Origine médiévale.
Ollioules est habituellement rattaché à
olive/olivier, mais il est possible d’y voir un dérivé de la racine préindoeuropéenne
oL- (hauteur) qui serait à l’origine du nom d’
Olbia, forteresse grecque datée du milieu du IVe s. av. J.-C. et implantée à l’Almanarre d’Hyères. Ollioules (Oliva dans les premières mentions) présente avec Olbia un certain nombre de similitudes, dont la plus intéressante est l’existence de l’oppidum protohistorique de la Courtine qui domine la plaine à l’extrémité de laquelle se trouvait le comptoir marseillais de Tauroeis (le Brusc aujourd’hui), tout comme le Mont des Oiseaux domine le site grec d'Olbia à Hyères..
Le Pas de la Cavale (un des accès du Cap Gros), peut-être l’Escavaou de 1443, dérive du thème d’origine pré-indo-européenne KaB- (hauteur) et ses dérivés caval, cavale, cavau.
peire, pierre (rocher ; montagne) est le latin petra essentiellement utilisé depuis le Moyen Age ; d’où Peiron ou Peyron, Pierrefeu et Pierre Pigne. C’est à Pierre Pigne, comme le relate La Sinse , que “l’épouse pieuse et pudique, le vertugadier relevé, allait glisser sur les parois rugueuses et résstantes, en implorant de sa voix d’amour, les dieux galants des jardins et des bois.“ Cette pratique en usage dans bien des coins de Provence, prenait des tours plus ou moins audacieux, voire licencieux. Et si la « piera-pinha », la “pierre glissante“, pouvait nous faire quelques confidences, elle nous en baillerait de belles sur ces couples qui frottaient simultanément leur bas-ventre sur elle. Exprimant leurs désir, il était de coutume, pour respecter la tradition, que les hommes demandent, au cours de ces ébats, l’assurance d’obtenir une lignée nombreuse et d’enfants mâles, tandis que les femmes se devaient d’espérer une grande fécondité et le commandement dans le ménage. Mais il paraît que dans les années trente, on prenait bien des libertés avec le rituel, et que, lorsqu’à Ollioules, on disait d’une fille “es anada a la Piera-pinha“, c’était pour faire entendre qu’il s’était passé autre chose qu’une simple adoration sur cet autel rustique. Un peu avant la dernière guerre, la pierre fut enlevée par le propriétaire du lieu, et transformée en margelle de puits. Les mauvaises langues disaient aussi des jeunes filles veant à la fontaine, qu’à force de puiser de l’eau, elles finissaient par “romprar la gerla“. Car la source fut longtemps un lieu privilégié de rencontre pour la jeunesse et pour l’amour. »
Piédardan, qui avec la hauteur de la Petite Garenne compose la limite de podium Rascas mentionnée en 1156 entre Lagoubran et la Reppe, dérive du latin podium, pié (colline), et du grec podion de même signification.
ragage (abîme, aven, gouffre d'eau; ravin, ravine), usité depuis le Moyen Age, vient directement du bas latin de même sens rhagas.
Rascaz (1156), aujourd’hui La Petite Garenne-Piédardan, vient de R-ass-c (hauteur), qui est d'origine pré-indo-européenne pour les plus anciennes écritures. A la base R-ass-, se rattache également Rastidor 1447, aujourd’hui le Roustidou.
RiP- (hauteur), d’origine pré-indo-européenne, donne la Ripelle.
RuP- en pré-indo-européenn est à l’origine du rupes latin (escarpement rocheux ; montagne ; ravin ; défilé avec paroi rocheuse) ; cette racine, fortement représentée au Moyen Age où elle remplace BaR-, nous a livré en 1235 ad ruppem corberiam et ad ruppem rubeam 1235, respectivement le Croupatier et le Baou Roux aujourd’hui.
serre, serrum (montagne allongée ; colline ; dos d'âne) se retrouve dans le serre colet de las Galle cola, colla [colo], du latin collis (colline, côteau) de la famille de culmen (sommet), lui-même issu du pré—indo-européen KuL-, est d’origine médiévale ; nous lui devons les diverses colles et collines, ainsi que leurs diminutifs collet, colette ou collette.
cost, costa, coste, côte (côteau, pente d'une colline), en latin costa, est d’origine médiévale à moderne, voire contemporaine ; citons la Coste proche la Cancelade en 1443, et les Costes du Plan devenues les Côtes du Plan aujourd’hui.
cros (rocher ; cros ; creux ; fond d'une doline ; clos). Au-delà de son sens initial, le clos ou claus est un terrain cultivé et clos de haies ou de murs, un enclos, un champ ; du latin claudere. Plusieurs cros ou clos sont utilisés depuis l'antiquité à des fins agricoles.
Croupatier (ad ruppem corberiam en 1235) vient du pré-indo-européen KoR-B- (pierre ; rocher ; hauteur), qui renvoie lui-même à KaR-. en 1443 (l'une des hauteurs de l'Escaillon), et, sous une forme diminutive, dans ad serretum super cros de Borrello 1235 (à Forgentier).
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