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![]() Histoire et légendes d'OllioulesLes gorges d'Ollioules: le Château du Diable Une légende conte que Satan habitait ce château depuis des millénaires et que Saint Martin l’en chassa lors d’un affrontement. Cette légende, qui m’a été contée par l’ami André Bernard, est rapportée ci-après. Mais le plus beau jour de ce Diable fut celui où il vit arriver un évêque fièrement campé sur sa mule. "Un évêque ! Quel gibier de choix !" Une piqûre traîtresse dans l’arrière-train de la bête, une ruade spectaculaire, et voilà notre homme d’église atterrissant dans le lit de la Reppe, et se relevant tout honteux et boueux, ayant perdu la face devant tous ces païens qui, sur la rive, riaient à gorge déployée. "Ah ! Quel souvenir !" Ces facéties et turpitudes furent connues bien au-delà de la province, et même Saint Martin, qui n’était alors que Martin et vivait à Tours, en eut vent. Il résolut de s’en venir à Ollioules, et de débarrasser la contrée de ce malfaiteur. Le Diable l’attendait campé sur la hauteur de Pipaudon. Quand il vit arriver ce pèlerin tout crotté, couvert de poussière, mais ne paraissant nullement fatigué, il l’apostropha de verte manière : "- Hors d’ici ! Va-t-en ! lui dit-il, Il n’y a pas de place sur mon territoire pour mes ennemis ! - C’est toi que je vais chasser de ce lieu, répondit Martin. Attends-donc, je vais te rejoindre." Et Martin, bravement, entreprit l’escalade de la montagne. Lorsqu’ils furent face-à-face, ils se dévisagèrent longuement, chacun prenant la mesure de l’adversaire. Martin comprit qu’il n’aurait pas la partie facile. "- Nous ne pouvons nous battre comme le "vulgum pecus", dit-il ; - Tu as raison, répondit le Diable qui prenait plaisir à la situation. Voici ce que je te propose : Nous allons jouer la possession des gorges en trois sauts. Mais j’y mets une condition : tu sauteras le premier. - Soit !" Et voilà Martin qui, après avoir bien gonflé ses poumons, s’élance éperdument. Le premier bond l’amène au Gros Cerveau. Le deuxième bond à l’Espilugué. Le troisième à la Cacoye, de l’autre côté du village. Et là, il arrive avec une telle force que l’empreinte de son pied reste profondément gravée dans la pierre. Martin n’était pas mécontent de sa prouesse. Mais voici que le Diable s’élance à son tour. Il atteint le Castellas, puis le Capeu Gros qui domine Ollioules. La partie est perdue pour Martin, qui, voyant son ennemi s’élancer vers Six-Fours, tomba à genoux et implora le secours céleste. Alors se leva la plus formidable tornade que l’on ait jamais vue. Le vent emportait tout sur son passage. Les arbres arrachés des collines tournoyaient dans le ciel, avec, au milieu d’eux, le Diable désemparé, virevoltant, faisant mille cabrioles avant d’être précipité tout-à-coup vers le sol avec une telle force que son corps ouvrit dans la roche une nouvelle gorge bien plus dangereuse que les autres. Ce fut le ravin du Destel ! Martin s’aperçut alors que l’ouragan déchaîné avait miraculeusement épargné dans la plaine les cultures des paysans ollioulais. A partir de ce jour, nul n’entendit plus parler du Diable à Ollioules. Seuls quelques mauvais esprits prétendent qu’il vient encore tous les ans au bal de la Saint Laurent, pour roder autour des filles ! Source: Jacques Martina-Fieschi, "Souvenirs d'un ollioulais" - Regard sur un terroir, Cahier du Patrimoine Ouest varois n°7 |
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